INTRODUCTION AU DETERMINISME UNIVERSEL

 

Par Gilbert GUSTINE

 

Pourquoi je ne suis pas chrétien

 

Le texte m’a été envoyé par l’auteur, et je l’ai trouvé digne d’intérêt ; le lecteur pourra en juger ; bonne lecture !


 

L' Homme naît, vit et meurt et, durant les années qu'il passe sur cette Terre, il ne connaîtra que quelques rares instants de bonheur, qui illumineront sa vie sans jamais parvenir à compenser les soucis, les désillusions, l'anxiété et les maux qui l'accableront le reste de son existence.

Ceux qui souffrent éprouvent un profond sentiment d'injustice : "Qu'ai-je fait pour mériter le malheur qui me frappe, qu'ai-je fait pour justifier la rigueur avec laquelle le destin s'acharne contre moi ?"

Les pages qui suivent voudraient répondre à cette question et leur apporter, sinon une consolation, du moins une conception de la destinée humaine leur permettant de mieux supporter leur sort.

Durant des siècles, l'Humanité, dans son besoin désespéré de protecteurs contre les maux de l'existence, a créé à l'image de l'homme les dieux qui peuplèrent les panthéons égyptien, grec et romain, le Dieu des religions juive, chrétienne et musulmane.

C'est eux qui régissaient le monde, c'est eux qui régissaient la destinée humaine, c'est eux seuls qui pouvaient nous protéger du malheur.

L'esprit humain se dégage lentement de cette illusion et nous vivons actuellement

LE CREPUSCULE DES DIEUX.

Si la Nature a horreur du vide, l'esprit humain l'a davantage encore et l'Homme, ayant besoin de croire en quelque chose, se raccroche toujours à l'illusion qui le berça si longtemps.

D'où la lente agonie des religions existantes, la montée de l'intégrisme, la floraison des sectes.

Et pourtant, !'Etre Suprême est là, devant nous.

Ce n'est pas Dieu, création de l'esprit humain, que nul n'a vu, ne voit et ne verra jamais.

Ce n'est pas Dieu, à l'esprit trop humain, capable, comme le dernier d'entre nous, de colère et de rancune.

Ce n'est pas Dieu, bien fatigué par le long usage qu'en on fait les Eglises pour tenter de régenter le Monde en son nom, car celui qui le créa, le submergea, fit s'ouvrir la mer, n'est plus capable aujourd'hui d'empêcher la ruine de son sanctuaire ou la maladie de celui qui se prétend son représentant sur Terre.

Cet Etre suprême, nous n'aurons jamais à croire en lui, car il existe, car nous le voyons à chaque instant de notre vie, car nous en faisons partie.

C'est L'UNIVERS, éternel et infini, dont les lois régissent tout ce qui est, fut et sera, dont les lois régissent à chaque instant notre vie, nos actions, notre destinée.

Quand, tentant de comprendre l'Univers, nous suivons le déroulement de ses phénomènes, nous découvrons immédiatement sa vérité première : par l'enchaînement des causes et des effets, chaque phénomène est la conséquence nécessaire d'un phénomène précédent et détermine aussi rigoureusement le phénomène suivant.

C'est LE DETERMINISME UNIVERSEL, qui régit tout ce qui est, fut et sera.

A l'instant où je frappe ces lignes, je ne pouvais être ailleurs que là où je suis, je ne pouvais avoir d'autres pensées que celles que m'impose mon cerveau à cette seconde précise, je ne pouvais trouver d'autres mots pour les exprimer que ceux que vous lisez actuellement.

Ce déterminisme absolu, c'est lui qui régit LA DESTINEE HUMAINE, non pour notre bonheur ou notre malheur, dont l'Univers n'a cure, mais pour que chacun de nous concourre, comme chaque goutte d'eau de la mer, comme chaque grain de sable du désert, à l'Harmonie Universelle.

Telles sont les idées que nous développerons maintenant selon le plan suivant :

 

LE CREPUSCULE DES DIEUX

Le phénomène religieux      

La peur humaine

L'ère du sorcier

La naissance des dieux

Les religions de la Terre

Le polythéisme

Le monothéisme

La religion du Ciel

Nul n'est prophète en son pays

Le triomphe du Christianisme

La trahison du Christianisme

Survivance des religions

Echec de l'athéisme négatif

L'Etre suprême

 

L'UNIVERS

L'Univers, être suprême

Nature de l'Univers

L'Univers est éternel

- La conservation de la matière

- La soi-disant expansion de l'Univers

- Le Big bang

- Succès de la théorie du Big bang

- L'illusion de l'expansion de l'Univers

- L'Univers est éternel

L'Univers est infini

- L'Univers des philosophes

- Les observations astronomiques

- Le paradoxe d'Oberts

- La courbure de l'espace

- L'Univers est infini

L'Univers est régi par des lois immuables

 

LE DETERMINISME UNIVERSEL

L'enchaînement nécessaire des causes et des effets

Les deux principes d'organisation de l'Univers

Apparition de la Vie

Vie et Déterminisme

Négation du Libre Arbitre

Déterminisme et Fatalisme

 

LA DESTINEE HUMAINE

L'Homme n'est que matière

Les deux mondes de la vie

Le monde des actions

- Nos actions sont déterminées

- L'irresponsabilité humaine

- Acta est fabula

- La fraternité retrouvée

Le monde des sensations

- Les sensations physiques

- Les sensations intellectuelles

- Les sensations du passé

- Les sensations du futur

- L'espoir

- Le désespoir

- La peur du lendemain

- L'illusion des stoïciens

- L'erreur de Montaigne

- Le pire n'est pas toujours sûr

- Bonheur et malheur

L'Idéal

- Vivre pour un idéal

- Idéal et évolution

- Idéal et révolution

- Idéal et bonheur

La mort

 

CONCLUSION

 

LE CREPUSCULE DES DIEUX

 

Le phénomène religieux

Le poète latin Stace a, dans un vers fameux, donné avec la concision propre au génie romain l'explication du phénomène religieux :

PRIMUS IN ORBE DEOS FECIT TIMOR

(Dans le monde, c'est la peur qui créa la première les dieux)

 

La peur humaine

Depuis qu'il est apparu sur Terre, l'Homme a peur. Il sait qu'à tout moment le malheur peut fondre sur lui.

Le progrès et la civilisation ont changé l'objet de cette peur, mais n'ont pu et ne pourront jamais la faire disparaître.

L'Homme primitif avait peur, peur des bêtes féroces qui l'entouraient, peur du tonnerre, peur de la maladie, peur de la mort.

L'Homme d'aujourd'hui a peur, peur du chômage, peur de l'avenir, peur du cancer, peur de la mort.

De même que l'enfant, lorsqu'il a peur, se réfugie dans les bras de ses parents, l'Homme chercha désespérément une force qui put le protéger du malheur, comme le père protège son enfant.

 

L'ère du sorcier

Il se trouva, dans la tribu primitive, quelqu'un qui comprit ce besoin et sut en profiter : le sorcier.

Il vendit aux plus crédules des fétiches, des talismans, des porte-bonheur, dont la puissance surnaturelle protégerait du malheur ceux qui les posséderaient.

Ainsi naquit la première forme de superstition, qui traversa les siècles.

Aujourd'hui encore, des commerçants sans scrupules proposent, dans la Presse de bas étage, des croix miraculeuses et des bijoux soit-disant magnétiques censés apporter le bonheur à ceux qui les portent.

 

La naissance des dieux

Le porte-bonheur perd toute crédibilité quand celui qui le porte voit néanmoins survenir les maux dont il était censé le protéger.

L'esprit humain substitua donc à la protection d'un objet qu'on achète celle d'un être

tout-puissant dont on achète la protection.

Si l'on a acheté celle-ci et que le mal que l'on craignait survient néanmoins, l'on pourra toujours se dire qu'on ne l'a pas payée assez cher, qu'on n'a pas satisfait suffisamment à ses exigences.

Au sorcier et au porte-bonheur du premier âge se substituèrent ainsi le prêtre et le dieu, celui-ci n'étant que la forme immatérielle du porte-bonheur.

 

Les religions de la Terre

A l'origine, les religions eurent donc seulement pour but de promettre à l'Homme une protection contre les maux dont il avait peur, en contrepartie de sacrifices offerts au dieu protecteur, c'est-à-dire, dans la pratique, de dons faits au prêtre qui prétendait parler en son nom.

Nous les appellerons donc les religions de la Terre, car c'est sur cette Terre, dans la vie terrestre, que le dieu apportait au fidèle sa protection et, pourquoi pas, le bonheur.

Telles furent les religions chaldéenne, phénicienne, grecque, romaine.

Telle fut la religion égyptienne, car la momie n'était qu'une façon de se cramponner à la vie le jour où celle-ci devait prendre fin, la vie d'outre-tombe qu'un simple prolongement de l'existence terrestre.

 

Le polythéisme

La protection du dieu étant imaginaire et donc totalement inefficace, le polythéisme fournissait à ses échecs un alibi commode.

Comme il était matériellement impossible de sacrifier également à tous les dieux du panthéon égyptien, chaldéen, grec ou romain, il était toujours possible, quand la protection d'un dieu s'avérait inefficace et que, malgrè les sacrifices faits sur ses autels, le malheur survenait, d'imputer celui-ci à la jalousie d'un autre dieu, mécontent d'avoir été oublié.

C'est ainsi que, durant des siècles, le paganisme permit aux hommes d'obtenir de la religion ce qu'ils en attendaient - et qui est d'ailleurs tout ce qu'elle peut leur donner - l'illusion d'une protection contre les maux de l'existence.

 

Le monothéisme

Le monothéisme - qui faillit triompher en Egypte quand Aménophis IV tenta de substituer aux dieux du panthéon égyptien Aton, personnification du Soleil - triompha en Palestine quand le peuple juif finit par adorer Jéhovah comme dieu unique.

Le monothéisme bouleversa toutes les conceptions religieuses.

Au départ, le principe est le même : on adore Jéhovah, on sacrifie sur ses autels et, en contrepartie, on attend de lui sa protection contre les maux de l'existence, le bonheur terrestre.

A l'arrivée, le résultat est très différent.

Le romain qui, malgré un sacrifice fait à Neptune, voyait sa famille décimée par la peste ou se retrouvait ruiné, pouvait toujours imputer son malheur à Mercure ou à Mars, auquel il n'avait pas suffisamment sacrifié, ou qu'il avait offensé d'une façon qu'il ignorait encore, mais que le prêtre saurait parfaitement lui expliquer.

Pour le juif qui adorait Jéhovah et avait observé tous les commandements de la Loi, le malheur devenait inexplicable.

Jéhovah n'était-il pas tout puissant ? Ne lui avait-il pas adressé toutes les prières qu'il était tenu de lui faire, ne lui avait-il pas obéi scrupuleusement ?

Si les historiens s'accordent à voir dans le monothéisme un progrès sur le polythéisme, il faut reconnaître qu'il résout beaucoup moins bien le problème du malheur de l'Homme.

 

La religion du Ciel

C'est ici qu'apparaît le Christianisme qui ouvrit une nouvelle phase dans l'histoire religieuse de l'Humanité.

Jésus fut le plus grand et le plus humain de tous les prophètes qui crurent apporter en Palestine la parole de Dieu.

Il ne fut qu'un prophète - comme le sera après lui Mahomet - et les derniers mots qu'il prononça sur la croix, rapportés textuellement dans les Evangiles de Matthieu et de Marc :

ELI, ELI, LAMMA SABACTHANI

(Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?)

sont bien ceux d'un homme qui croyait apporter aux hommes la parole de Dieu et ne comprend pas que celui-ci l'ait laissé crucIfier.

Dans son amour, dans sa pitié pour les hommes, il ne parvint pas à concilier la toute-puissance de Dieu et le malheur humain.

Il crut alors en un autre monde, un monde invisible, immatériel, un monde de joie et de félicité où les justes entreraient après leur mort : le Royaume des Cieux.

C'est là, non dans notre monde, que Dieu donnerait, après leur mort, le bonheur à ceux qui auraient observé ses commandements.

La religion du Ciel se substitua ainsi aux religions de la Terre.

 

Nul n'est prophète en son pays

La vie de Jésus vérifia ce proverbe.

La religion juive était la religion d'un peuple, la religion des enfants d'Abraham

C'est à eux - et à eux seuls - que Jéhovah avait promis le royaume de la Terre.

Jésus ouvrait le royaume des Cieux à tous les hommes, fussent-ils samaritains, grecs ou romains.

Aux yeux des pharisiens, il apparut comme un renégat, un peu comme aurait été considéré le français qui, à la veille de 1914, se serait déclaré citoyen du monde.

Courbés sous le joug de Rome, ils ne comprenaient pas qu'un juif puisse ouvrir les portes du royaume des Cieux à un centurion romain.

Cette trahison le cloua sur la croix.

Sa prédication ne pénétra pas le peuple juif.

L'historien Josèphe, quant il écrivit quarante ans après sa mort l'Histoire du peuple juif, ne parle pas de Jésus.

En tant que pharisien, il considère que ses disciples et lui n'avaient pas à figurer dans l'Histoire d'un peuple dont ils s'étaient eux-mêmes exclus.

 

Le triomphe du Christianisme

Par contre, la nouvelle religion allait se répandre comme une trainée de poudre dans le monde romain.

Au temps des Césars, le monde était devenu le monde du malheur. En haut, le despotisme, parfois la folie. En bas, l'esclavage. Partout, l'oppression, la corruption, la décadence.

Pour tous, de l'esclave peinant sous le fouet au patricien tremblant devant les caprices de Caligula ou de Néron, les religions de la Terre avaient fait faillite en y promettant un bonheur impossible.

La religion du Ciel devint, et devait rester durant des siècles, le grand espoir des hommes en ouvrant après leur mort, dans un monde meilleur, le royaume des Cieux à tous ceux qui auraient été justes et bons ici-bas.

 

La trahison du Christianisme

Le Christianisme ayant conquis l'empire romain, Constantin s'appuya sur lui quand, en 312, il le disputa à Maxence.

Sous ses successeurs, le Christianisme devint religion d'Etat, l'évêque de Rome le second personnage de l'empire.

Quand l'empire romain s'effondra, l'évêque de Rome, devenu le Pape, profita de la puissante organisation de l'Eglise, calquée sur celle de l'Empire, pour transformer le message de charité et d'amour apporté au monde par Jésus en un système théocratique qui, durant tout le Moyen-age, prétendra régenter l'Europe.

Persécutée à l'origine, l'Eglise devint persécutrice, en pourchassant et en faisant livrer aux flammes par le bras séculier tous ceux qui se réclamaient de l'esprit de Jésus pour oser rêver d'un monde meilleur, ou, tout simplement, dénoncer la corruption qui la gangrenait : cathares, vaudois, hussites, protestants connurent, tour à tour, la persécution, l'inquisition, le bûcher.

Elle poursuivit sans merci tous ceux qui, dans la recherche de la vérité, s'écartaient des dogmes qu'elle s'était créés et qui n'avaient rien à voir avec l'enseignement de Jésus.

En 1600, elle brûla Giordano Bruno, père de la philosophie moderne.

En 1633, elle contraignit le grand Galilée à s'agenouiller devant elle pour abjurer "l'erreur et l'hérésie du mouvement de la Terre".

Quand le grand souffle de la Révolution Française apporta au monde les mots "Liberté, Egalité, Fraternité", la Papauté s'identifia à l'Ancien Régime.

Quand, au XIX ème siècle, l'esprit de progrès réclama et obtint la liberté de conscience, la Papauté osa condamner, dans le "Syllabus" et l'encyclique "Quanta cura", ce pour quoi les premiers chrétiens avaient donné leur vie.

Aujourd'hui, fort heureusement, la Papauté ne régente plus le monde, comme elle prétendit si longtemps le faire.

Le Vatican n'est plus que le siège d'une vaste multinationale.

Trônant sous des lambris dorés derrière une haie de gardes déguisés en hallebardiers d'opérette, l'on s'y réclame toujours de celui qui consolait les humbles assis autour de lui sous les oliviers de Judée.

Dans des shows itinérants, le Pape se conduit en messager de Dieu sur la Terre... et montre à tous qu'il n'y croit pas en faisant plus confiance aux vitres blindées de sa "papa-mobile" qu'à sa toute-puissance pour le protéger d'un éventuel attentat.

 

Survivance des religions

Avec les progrès de la Science, le triomphe de la Raison, aucune religion ne peut plus naître. Depuis l'Islam, depuis quatorze siècles, aucune religion n'est née.

Les religions agonisent lentement.

Dès qu'il a atteint un certain stade dans son développement intellectuel, l'Homme se rend compte à quel point l'idée de Dieu est absurde.

SI Dieu existe, pourquoi ne le voit-on pas ?

Si Dieu est tout-puissant, pourquoi le malheur, pourquoi la souffrance, pourquoi la misère ?

Et les hommes montrent bien qu'ils n'y croient plus en se conduisant, en fait, comme s'il n'existait pas.

Rares sont cependant ceux qui osent se dire athées.

Confronté aux maux de la vie, face au malheur qui peut fondre sur lui à tout instant, aujourd'hui comme aux premiers âges de l'humanité, l'Homme n'a pas changé. Il a toujours aussi peur de la vie, aussi peur de la mort.

Il cherche toujours un protecteur, une puissance surnaturelle, dont il puisse acheter la protection par ses prières.

Tel est Dieu, imposture pour la raison, réconfort pour ceux qui ont peur de la vie, réconfort pour ceux qui ont peur de la mort et qui, s'accrochant à la vie, espèrent, tel l'égyptien d'autrefois, la continuer dans l'au-delà.

Ainsi s'explique la survivance de la religion qui, aujourd'hui comme jadis, n'est au fond qu'un remède contre la peur humaine, qu'un tranquillisant, qu'un opium, pour reprendre l'expression de Marx qui n'eut tant de succès que parce qu'elle était si vraie.

Devant la survivance des religions, nous pourrions nous borner à hausser les épaules, en déplorant la crédulité humaine.

Ce faisant, nous manquerions à notre devoir envers les autres hommes, qui souffrent encore aujourd'hui des impostures dont l'Humanité demeure victime

TANTUM POTUIT RELIGIO SUADERE MALORUM

(tant la religion a pu susciter de maux)

comme disait déja, il y a plus de vingt siècles, le grand poète latin, le grand philosophe romain Lucrèce, qui sera plus d'une fois notre guide dans la suite de cet exposé.

D'une part, en effet, ceux qui ont conscience de posséder la vérité ont le devoir de la faire partager.

D'autre part, les religions profitent du désarroi de la Société devant les maux qui l'accablent aujourd'hui pour tenter de faire croire aux hommes que leurs malheurs actuels - qui prouvent l'inexistence d'un Dieu soit-disant tout puissant et infiniment bon - sont précisément dus au fait qu'ils ne respectent plus ses commandements.

C'est l'intégrisme, par lequel les religions tentent de ramener la Société, de gré ou de force, sous leur coupe.

Nous avons le devoir de l'en protéger en dénonçant leurs impostures.

Ne le faisant pas, nous aurions sur les mains un peu du sang qu'elles font couler partout où elles opposent les hommes les uns aux autres, partout où le fanatisme de ceux qu'elles égarent prétend imposer par la force des doctrines que la Raison rejette.

Il est donc du devoir des athées de propager la vérité à laquelle ils sont parvenus.

Mais comment ?

 

Echec de l'athéisme négatif

Les athées ont rédigé, publié, diffusé depuis des années des milliers d'écrits répétant - preuves à l'appui - que Dieu n'existe pas, dénonçant - preuves à l'appui - l'imposture des religions.

Cette forme d' Athéisme - que nous appellerons Athéisme négatif, car il se borne finalement à nier - n'est pas parvenu, malgré tout le talent de ceux qui s'y sont consacrés, à ébranler les religions. Et c'est normal.

L'Homme a besoin de croire en quelque chose. Il a besoin d'une explication du monde dans lequel il vit, d'une consolation face aux maux de la vie, d'un espoir face à la mort.

Les religions les lui fournissent. L'Homme préfère se raccrocher, même s'il doute chaque jour davantage de leurs enseignements, aux illusions par lesquelles elles le bercent que se retrouver soudain sans rien à croire.

La mort des religions, comme la naissance des sectes, le prouvent également.

La mort des religions, d'abord.

Aucune religion n'est morte de sa mort naturelle, si l'on peut dire, ceux qu'elle abusait se rendant compte un jour de l'absurdité de ses dogmes et cessant d'y croire.

Les religions ne meurent que le jour où une autre foi - religion ou philosophie - les remplace, apportant à l'Homme des réponses plus satisfaisantes aux questions que son esprit se pose, un réconfort plus profond face à sa peur de la vie, à sa peur de la mort.

Osiris, Jupiter et Odin ne sont pas morts de vieillesse. Ils sont morts tués par Dieu ou Allah.

Et ceux-ci vivront, pour le malheur des hommes, jusqu'à ce qu'une autre foi vienne, à son tour, apporter à leurs questions, à leur angoisse, des réponses plus satisfaisantes que celles que leur apporte la Bible ou le Coran.

La naissance des sectes, ensuite.

Quand les religions existantes cessent de répondre aux attentes de l'Homme, les sectes naissent, une secte étant une religion en puissance, ou, si l'on préfère, une religion étant une secte qui a réussi.

D'où la prolifération actuelle des sectes, dont beaucoup - sinon toutes - donnent lieu aux plus sordides escroqueries, des gourous sans scrupules abusant de la crédulité des néophytes pour leur soutirer l'argent qu'ils sont prêts à offrir à leur nouvelle Eglise avec la même ferveur que celle des premiers chrétiens au temps où le Christianisme n'était, lui aussi, qu'une secte.

Cette prolifération doit être, pour nous autres athées, la preuve qu'un athéisme purement négatif ne saurait répondre à l'attente de l'Homme.

Ceux qui entrent dans une secte ont été, un instant, des athées comme nous.

L'espace d'un instant, ils ont cessé de croire à leur religion, ils ont cessé de croire aux imposture dont leur Eglise les berçaient.

Mais ils n'ont pas trouvé dans cette absence de croyance la réponse aux questions que leur esprit se posait, la sérénité face aux angoisses de l'existence, le réconfort leur permettant de supporter la peur de la vie, la peur de la mort.

Cette réponse, cette sérénité, ce réconfort, ils les ont alors demandés aux sectes, comme il y a vingt siècles nos ancêtres déçus du paganisme les demandaient à Mithra, à Cybèle...ou à Jésus. Pour tirer notre prochain de l'emprise des religions, pour le tirer des griffes des sectes, il est donc de notre devoir de lui fournir une explication du monde lui permettant de supporter avec sérénité les maux de l'existence, de supporter cette peur de la vie, cette peur de la mort.

Il est de notre devoir de lui apprendre l'Univers.

 

L'Etre Suprême

Oui, il y a un Etre Suprême, éternel et infini, qui régit toute chose, qui nous a créés, et auquel nous rendrons, à notre mort, tout ce qu'il nous aura donné l'espace de notre vie.

Ce n'est pas Dieu, création de l'esprit humain, que nul n'a vu, ne voit et ne verra jamais... et pour cause.

Ce n'est pas Dieu, créé à notre image, et capable comme le dernier d'entre nous de colère et de rancune.

Ce n'est pas Dieu, bien fatigué par le long usage qu'en ont fait les Eglises pour tenter de régenter le monde en son nom, car celui qui le créa, le submergea, fit s'ouvrir la mer n'est plus capable, aujourd'hui, d'empêcher la ruine d'un sanctuaire ou la maladie de celui qui se prétend son représentant sur Terre.

Cet Etre Suprême, nous n'aurons jamais à croire en lui, car il existe, car nous le voyons à chaque instant de notre vie, car nous en faisons partie.

C'est l'Univers, éternel et infini, dont les lois régissent tout ce qui est, fut et sera, dont les lois régissent à chaque instant notre vie, nos actions, notre destinée.

 

L'UNIVERS

 

L'Univers, être suprême

Quand, par une belle nuit d'été, on lève les yeux vers le ciel et que l'on y voit des centaines d'étoiles, les contingences humaines reprennent alors leur place normale.

L'on songe en effet que chaque étoile est un soleil comme le nôtre, autour duquel gravitent des planètes.

Sur certaines d'entre elles, la Vie s'est développée, la pensée est apparue, des civilisations sont nées.

Ces mondes, nous ne les voyons pas, nos plus puissants télescopes n'ont pu à ce jour les découvrir.

Et pourtant, nous sentons bien qu'ils existent, comme notre monde, aussi réels, aussi présents que lui.

Vu de ces planètes, notre Soleil n'est plus, à son tour, qu'une imperceptible étoile. Notre Terre n'est plus visible, l'Humanité a disparu.

L'Astronomie nous apprend que les centaines d'étoiles que nous voyons dans le ciel ne sont, à leur tour, qu'un coin perdu parmi les cent milliards d'étoiles constituant notre Galaxie.

Nos plus puissants télescopes ont découvert, à des distances se chiffrant en millions d'années-lumière, des milliers de galaxies comme la nôtre.

Combien de millions, de milliards de galaxies plus lointaines n'ont encore jamais été vues dans nos télescopes, ne le seront sans doute jamais.

Elles n'en existent pas moins, aussi réelles, aussi présentes que l'étaient Uranus, Neptune ou Pluton durant les siècles où les hommes, ne les voyant pas, en ignoraient l'existence. Parvenu à ce stade, l'esprit humain pénètre alors, et alors seulement, la vérité première : la Terre a disparu, et avec elle l'Homme et ses problèmes, le Soleil a disparu, notre Galaxie même a disparu. Seule existe l'immensité sans bornes, sans limites, l'Infini, l'Etre Suprême : l'Univers.

 

Nature de l'Univers

L'Univers est éternel.

L'Univers est infini.

L'Univers est régi par des lois immuables.

La Science constate chaque jour que l'Univers est régi par des lois rigoureuses.

Son objet, sa raison d'être, sont de les découvrir.

Lois de la Physique, lois de la Chimie, que la Science a formulées et qui, par leur exactitude, nous démontrent chaque jour que nous vivons dans un monde où règne une harmonie que nous constatons sans pouvoir la comprendre.

La Science, par contre, qui réclame des preuves concrètes à l'appui de ses affirmations, n'ose encore dire si l'Univers est éternel on non, s'il est ou non infini.

Beaucoup d'esprits scientifiques sont encore dépassés par l'idée d'infini dans l'espace, d'infini dans le temps, de même que l'ordinateur s'affole devant une division par zéro.

L'Univers n'en est pas moins éternel et infini, ainsi que nous le montre la Raison.

 

L'UNIVERS EST ETERNEL

 

La conservation de la matière

Au XVIIIème siècle, Lavoisier jeta les bases de la Chimie en posant le principe de la conservation de la Matière : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Dix-huit siècles avant Lavoisier, Lucrèce, dans son "De Natura Rerum", énonçait déjà ce principe, vérité à laquelle Epicure était parvenu par son seul génie :

NIL DE NILO FIERI POSSE

(Rien ne peut sortir du néant)

AUT POSSUNT AD NILUM QUAEQUE REVERTI

(Ni rien ne peut retourner au néant)

OMNIA COMMUTAT NATURA ET VERTERE COGIT

(La Nature transforme tout et l'oblige à se recycler)

Le principe de la conservation de la matière implique nécessairement l'éternité de l'Univers. Puisque la matière qui le constitue n'a jamais pu être créée de rien, elle a donc toujours existé. L'Univers est donc éternel.

Vérité simple, évidente, lumineuse, base de toute philosophie.

Vérité dérangeante, vérité hérétique, ruine de toutes les religions.

Si l'Univers est éternel, aucun Dieu, aucune puissance métaphysique ne l'a jamais créé.

Toutes les religions on toujours fait de leurs dieux les créateurs de l'Univers.

Le principe de la conservation de la matière, en affirmant l'éternité de l'Univers, le nie.

La Genèse n'est plus qu'une fable. Toutes les religions s'écroulent comme des châteaux de cartes et il ne reste plus qu'à rouler leurs dieux, avec Renan, dans le linceul de pourpre où dorment les dieux morts.

Laplace pourra répondre, à ceux qui lui demandaient quelle place il assignait à Dieu dans sa magistrale "Exposition du Système du Monde" : "Dieu ? ; Je n'ai pas besoin de cette hypothèse !"

 

La soi-disant expansion de l'Univers

Au siècle dernier, des astronomes remarquèrent que la lumière émise par les galaxies les plus lointaines présente, lors de son analyse spectrographique, les mêmes caractéristiques que celle émise, sur Terre, par les objets s'éloignant de nous à très grande vitesse.

Ils établirent, en outre, une corrélation entre cette anomalie et l'éloignement des galaxies : plus la galaxie était lointaine, plus l'anomalie était importante, et donc plus la galaxie s'éloignait de nous à grande vitesse.

L'Univers cessait d'avoir la majestueuse stabilité qu'admettaient jusque là les astronomes : il était "en expansion".

Ainsi allait naître la théorie du "Big Bang" qui jouit, aujourd'hui encore, d'un succès bien immérité.

 

Le "Big bang"

Dès l'instant où l'on admet que l'Univers est en expansion, l'on est tenté de rechercher où se trouvaient, il y a cinq, dix ou quinze milliards d'années, les galaxies dont nos télescopes nous indiquent aujourd'hui l'emplacement qu'elles occupaient il y a cinq cent millions d'années - ou davantage - compte tenu du temps mis par leur lumière pour parvenir jusqu'à nous.

De même qu'en remontant les rayons d'une roue de bicyclette en partant de la jante on parvient au moyeu, de même, en parcourant en sens inverse la trajectoire que les galaxie sont supposées avoir parcourue durant les milliards d'années qu'aurait duré leur course dans l'espace, l'on peut déterminer un point central où toutes les galaxies - c'est-à-dire toute la matière de l'Univers - auraient dû se trouver regroupées, sous une forme difficillement imaginable, il y a de cela 15 milliards d'années, âge que cette théorie assigne à l'Univers.

Quant au mécanisme les ayant propulsées à la place où nous les voyons aujourd'hui dans nos télescopes, rien de plus simple : il suffit d'imaginer une gigantesque explosion qui aurait projeté en tous sens la matière originelle, de même que l'explosion d'une bombe projette ses éclats dans toutes les directions.

Cette explosion originelle, nul ne peut, bien entendu, l'expliquer ni l'imaginer.

L'on a seulement pu la désigner sous le nom de "Big bang", dont la traduction française "Grand Boum" permet d'apprécier à sa juste valeur toute la rigueur scientifique.

 

Succès de la théorie du "Big bang"

Jamais dans l'Histoire de la Science une théorie aussi absurde n'aura connu un tel succès.

Théorie absurde : si toute la matière de l'Univers s'était effectivement trouvée concentrée en un point à l'origine de celui-ci, l'attraction y aurait été telle qu'aucune force n'aurait jamais pu la disperser dans l'espace.

L'Astronomie nous offre, à des échelles incommensurablement plus modestes, l'exemple de telles concentrations de matière : ce sont les "Trous noirs", ainsi nommés parce que l'attraction y est telle que la lumière elle-même ne peut s'en échapper.

Comment expliquer, comment imaginer même, l'explosion qui aurait permis à la matière de s'en échapper et l'aurait projetée à des distances astronomiques (au sens propre du terme) pendant quinze milliards d'années ?

A moins d'admettre, comme le soutiennent certains adeptes du "Big Bang" pour esquiver cette objection, que l'Univers n'avait que la dimension d'un atome à la seconde où il eut lieu, la matière n'étant pas encore "créée".

De qui se moque-t-on ?

Et l'on ne peut que s'étonner qu'une théorie aussi absurde que celle du "Big Bang" soit devenue aujourd'hui la conception "officielle" en Astronomie, au point que celui qui la réfuterait serait vilipendé comme hérétique ou ignoré comme attardé.

Pourquoi ce succès ?

Les Astronomes qui ont échafaudé la théorie du "Big Bang" sont, pour la plupart, des américains.

En Amérique, la Bible demeure le Livre par excellence : celui sur lequel le Président prête serment lors de son investiture, le témoin lors de son audition par le Tribunal.

La croyance en Dieu fait partie intégrante du conformisme américain, au point qu'il est difficile de faire la part entre la foi sincère et la dévotion affectée de Tartuffe, dans un pays où elle constitue un certificat de civisme et donc la condition sine qua non de toute réussite sociale.

Y soutenir que l'Univers est éternel, c'est nier la Genèse et donc se proclamer athée. C'est se voir mis à l'index, marginalisé et, il n'y a pas si longtemps encore, suspecté d'être un dangereux communiste.

Croire - ou feindre de croire - au "Big Bang", c'est satisfaire l'opinion publique en reniant Laplace, en avouant "Dieu ? J'ai besoin de cette hypothèse."

Le "Big bang", en effet, ne pourra jamais être une hypothèse scientifique sérieuse : c'est le retour au "Fiat lux !"

Seul un Dieu, en effet, pourrait appuyer sur le détonateur et propulser ainsi tout l'Univers dans l'infini de l'espace. Toutes les Eglises l'ont donc accueilli avec soulagement, ce qui explique son succès dans un pays où elles demeurent exceptionnellement influentes.

 

L'illusion de l'expansion de l'Univers

Au Moyen-âge, les hommes voyaient les étoiles glisser lentement de l'Est à l'Ouest entre le crépuscule et l'aube.

D'où la conclusion immédiate - et parfaitement logique - que les étoiles tournaient autour de la Terre, centre du Monde.

Combien de siécles et de peine a-t-il fallu pour leur faire comprendre que la Terre n'était qu'un grain de poussière dans l'Univers et que s'est seulement parce qu'elle tournait sur elle-même qu'il semblait tourner autour d'elle.

Huit siècle plus tard, la même illusion recommence.

L'astronome, en braquant son spectrographe sur les galaxies les plus lointaines, constate que la lumiére qu'elles émettent présente les mêmes caractéristiques que celle émise sur Terre par les objets s'éloignant de nous à grande vitesse.

Il constate, en outre, que cela est vrai dans toutes les directions, quelque soit la constellation dans laquelle se situent ces galaxies.

Il en déduit, avec la même logique que l'homme du Moyen-âge, que l'Univers est en expansion.

Il ne remarque pas assez, toutefois, que, puisque toutes les galaxies fuient également dans toutes les directions, la Terre - ce grain de poussière perdu dans l'Univers - se retrouve à nouveau au centre de celui-ci, au point où le "Big bang" est supposé lui avoir donné naissance il y a de cela quinze milliards d'années.

La Terre à nouveau centre de l'Univers ?

N'est-ce pas là une raison suffisante pour se demander si l'expansion de l'Univers n'est pas, elle aussi, une illusion, comme le fut autrefois sa rotation autour de la Terre ?

En Astronomie, comme en tout autre domaine, les solutions les plus simples sont toujours les meilleures. Le célèbre clown Grock déchaînait le rire en s'efforçant de rapprocher son piano du tabouret sur lequel il était assis...alors qu'il lui aurait été si facile de rapprocher le tabouret du piano.

Plutôt que supposer que l'Univers entier tourne autour de la Terre, il fut plus simple d'admettre que la Terre tourne tout simplement sur elle-même.

Plutôt que supposer l'Univers en expansion, il est beaucoup plus simple d'admettre que la lumière reçue des galaxies les plus lointaines est légèrement différente de celle reçue du Soleil, qu'elle présente le même spectre que celle émise sur Terre par des objets d'éloignant de nous à très grande vitesse.

Dans les deux cas, en effet, sa vitesse est moindre - très légèrement moindre, mais moindre quand même - que sa vitesse normale.

La lumière émise par un objet s'éloignant de nous à très grande vitesse nous parvient à une vitesse diminuée de la vitesse d'éloignement de cet objet.

La lumière reçue d'une galaxie située à deux cent millions d'années-lumière est une lumière fossile, émise au temps où les dinosaures traînaient encore leur masse pesante dans les marécages herbeux, au temps où les ptérodactyles étendaient encore dans le ciel leurs grandes ailes de chauve-souris.

La lumière est, comme toutes choses, matière et, comme telle, soumise à l'attraction universelle, ainsi que le prouve sa capture dans les "Trous noirs", la déviation de la lumière des étoiles lorsqu'elle passe à proximité de la Lune.

Il est donc normal - c'est le contraire qui serait étonnant - que la lumière reçue d'une galaxie située à deux cent millions d'années-lumière nous parvienne, du fait des attractions, si faibles soient-elles, dont elle fut l'objet durant deux cent millions d'années à une vitesse diminuée de l'incidences des innombrables attractions qui la freinèrent durant son voyage jusqu'à nous.

Cela explique que son spectre soit semblable à celui des objets s'éloignant de nous à très grande vitesse.

Certes, la Science exige toujours des preuves, et l'on ne peut prouver cette "fatigue" de la lumière, pour reprendre l'expression des rares astronomes qui soutinrent cette théorie à l'encontre des partisans du "Big bang".

La Raison veut que nous croyons davantage à ce phénomène facilement explicable qu'à une prétendue expansion de l'Univers, supposant à son origine un grand Boum dont la cause et le mécanisme demeureront toujours parfaitement incompréhensibles... sauf, bien entendu, pour les religions, trop heureuses d'y voir un retour à un divin "Fiat lux !"

Le jour où les progrès de l'Astronomie auront permis de démontrer que la soit-disant expansion de l'Univers n'est qu'une illusion dûe à la fatigue de la lumière, la postérité rendra à ceux qui le soutiennent aujourd'hui le même hommage que celui qu'elle rend à Galilée pour le courage avec lequel il soutint la vérité contre les préjugés de son époque.

A l'éternel de la BIble - que nul n'a jamais vu ... et pour cause - la Raison substitue le seul et véritable Eternel, l'Univers, que chacun de nous peut contempler chaque soir en levant les yeux vers le ciel étoilé.

 

L' UNIVERS EST INFINI

 

L'Univers des philosophes

Dès l'Antiquité, alors que les hommes n'apercevaient encore dans le ciel nocturne que les astres visibles à l'oeil nu, les philosophes étaient parvenus à la conception que le Monde que nous connaissons n'était pas unique, mais qu'il y en avait d'autres dans l'Univers, en quantité innombrable.

Lucrèce résuma cette conception dans deux vers célèbres du "De Natura Rerum" :

TERRAMQUE ET SOLEM, LUNAM, MARE, COETERA QUAE SUNT

(La Terre, le Soleil, la Mer et toutes les autres choses qui existent)

NON ESSE UNICA, SED NUMERO MAGIS INNUMERABILI

(Ne sont pas uniques, mais existent en quantité innombrable)

Au XVIIème siècle, Pascal reprendra cette conception d'un Univers infini dans cette splendide définition :

Le Monde est une sphère dont le centre est partout et la circonférence nulle part.

Cette conception d'un Univers infini est confirmée tant par les observations astronomiques que par la notion même d'Espace.

 

Les observations astronomiques

Depuis Galilée, depuis l'invention de la première lunette, l'Homme dispose d'instruments de plus en plus puissants pour observer le ciel.

Depuis quatre cents ans, le grossissement de nos lunettes, de nos télescopes, ne cesse d'augmenter.

Depuis quatre cents ans, le nombre d'étoiles et de galaxies que nous découvrons grâce à eux s'accroît dans la même proportion.

En se basant sur cette constatation, rien n'indique que l'Univers ait une limite.

Tout laisse penser qu'il est infini.

La notion d' Espace

L'Univers occupe tout l'Espace, lequel est, par définition, infini. Si l'on veut fixer une limite à l'Univers, il faut nécessairement que quelque chose le limite.

Ce quelque chose, s'il existait, ferait encore partie de l'Univers.

 

Le paradoxe d'Oberts

Au XIXème siècle, l'astronome Oberts contesta que l'Univers soit infini en se basant sur l'aspect du ciel nocturne.

Si l'Univers est infini, disait-il, pas un seul point du ciel devrait demeurer noir, puisque de chaque point de la voûte céleste devrait nous parvenir la lumière d'une galaxie.

Le ciel nocturne devrait être éblouissant, ce qui n'est manifestement pas le cas.

Cette conception, excusable à l'époque, est, bien entendu, complètement fausse.

Les étoiles sont séparées les unes des autres par des distances sans commune mesure avec leur diamètre.

On l'a illustré par l'exemple suivant : si on donnait à une étoile la taille d'une prune, l'étoile la plus proche d'elle se situerait à une distance moyenne de 1.000 km.

Qu' y a-t-il, maintenant, dans l'espace séparant nos deux prunes, dans l'espace interstellaire ? Le vide, certes, mais pas tout à fait le vide.

Chaque mètre cube de cet espace renferme quelques molécules, qui, malgré cette raréfaction extrême de la matière, n'en représentent pas moins, au niveau de l'Univers, une masse considérable, équivalant approximativement à la masse totale des étoiles.

Cette masse obscure, car n'émettant aucune lumière, trouble déjà la lumière reçue des étoiles de notre Galaxie.

Quant à la lumière reçue des galaxies les plus lointaines, elle ne nous parvient plus, étant totalement occultée par cette matière qui finit par former, sur des distances se chiffrant en millions d'années-lumière, un véritable écran.

Un jour viendra où, malgré de nouveaux progrès dans la puissance de nos télescopes, des zones de l'espace demeureront perpétuellement obscures.

Ce jour-là, nous n'aurons pas atteint la limite de l'Univers. Nous aurons atteint la limite de la vision terrestre.

 

La courbure de l'Espace

L'esprit scientifique n'aime pas l'infini, qui le dépasse et le dérange.

Aussi, puisque l'Univers occupe tout l'Espace, a-t-il cherché à ce que l'Espace lui-même soit fini.

Il suffit pour cela d'admettre une "courbure de l'Espace" qui, finalement, le réduit à une immense sphère, comme dans la définition de Pascal.

En ce cas, l'Univers serait fini, limité de toutes parts par la courbure de l'Espace.

En même temps, il demeurerait infini, car nous pourrions le parcourir éternellement sans rencontrer ses limites, de même qu'un avion pourrait faire indéfiniment le tour de la Terre.

Seulement, nous repasserions par les mêmes points et retrouverions, à des milliards d'années-lumière, la Terre que nous croirions avoir quittée à jamais.

C'est possible, mais ce n'est qu'une hypothèse.

 

L'Univers est infini

En attendant qu'on puisse prouver le contraire, nous admettrons donc que l'Univers est infini.

Sur le plan philosophique, l'infini de l'Univers n'est pas aussi primordial que son éternité.

Si l'Univers n'était pas éternel, il faudrait expliquer sa création, ce qui nous replongerait en pleine métaphysique et nous entraînerait dans des hypothèses aussi invérifiables qu'irrationnelles.

Si l'Espace est effectivement courbe, sa courbure ne nous pose pas le moindre problème métaphysique.

 

L'UNIVERS EST REGI PAR DES LOIS IMMUABLES

La Science n'étant pas encore en mesure de prouver que l'Univers est éternel et infini, nous avons dû le faire pour elle, en substituant à la vérité scientifique, basée sur l'expérience, la vérité philosophique, basée sur la raison.

Que l'Univers soit régi par des lois, voila qui est certes beaucoup plus surprenant, en impliquant l'organisation de la Matière, en supposant avec Virgile que

MENS AGITAT MOLEM

(L'esprit anime la matière)

Et pourtant nous n'aurons pas même à tenter de le prouver, car la Science l'a fait depuis des siècles : c'est là l'objet de la Physique, de la Chimie, de la Biologie et chacun connaît aujourd'hui grâce à elles les lois qui régissent l'Univers pour assurer son harmonie permanente.

Nous n'en dirons donc rien.

 

LE DETERMINISME UNIVERSEL

 

L'enchaînement nécessaire des causes et des effets

Notre esprit ne peut comprendre l'organisation de l'Univers, qui le dépasse et le dépassera toujours par son infinie complexité.

Il peut toutefois la reconnaître chaque jour dans l'enchaînement nécessaire des causes et des effets, qui régit tous les phénomènes conformément aux lois physiques et chimiques.

Chaque phénomène a nécessairement une cause. Aucun phénomène ne se produit fortuitement. Il résulte toujours d'un phénomène qui le précède.

Prenons pour exemple une pierre qui se détache du sommet d'une montagne.

Jamais aucune pierre ne s'est détachée "par hasard" du sommet d'une montagne.

Ce phénomène a toujours une cause.

Le froid de la nuit a transformé en glace l'eau de pluie qui s'était infiltrée la veille dans une fissure du rocher. En se dilatant, la glace a fait éclater le rocher et en a détaché un fragment.

Dans la journée, la chaleur du soleil a fait fondre la glace. La pierre, n'étant plus soudée au rocher par celle-ci, tombe dans le vide conformément aux lois de la pesanteur.

Cet enchaînement de trois phénomènes :

- le froid a transformé l'eau de pluie en glace

- la dilatation de la glace a fait éclater la roche

- le soleil a fait fondre la glace

constitue la cause nécessaire du quatrième : la chute de la pierre.

Réciproquement, ce quatrième phénomène est la conséquence nécessaire des trois premiers : ceux-ci s'étant produits, la pierre ne pouvait pas ne pas se détacher de la montagne.

Le terme "hasard" n'a pas de sens et ne dissimule que notre ignorance des causes des phénomènes. Tout ce qui se produit devait nécessairement se produire.

Si l'on nous demande maintenant où la pierre va tomber, nous répondrons que nous n'en savons rien.

Si nous connaissions avec précision le poids de la pierre, sa forme, son centre de gravité, le relief de la montagne, la direction et la force du vent, etc... nous pourrions calculer avec une précision absolue le point précis où s'arrêtera sa chute.

Les lois de la Physique, reflet de l'organisation de l'Univers, le détermine inéluctablement.

 

Les deux principes d'organisation de l'Univers

Cet exemple nous permet de poser ainsi les deux principes d'organisation de l'Univers :

Premier principe : tout phénomène a une cause, dont il est lui-même la conséquence nécessaire. Il ne pouvait pas ne pas se produire.

Deuxième principe : tout phénomène se produit conformément aux lois physiques et chimiques qui régissent la Matière. S'il ne pouvait pas ne pas se produire, il ne pouvait pas non plus se produire autrement qu'il s'est produit.

Le déterminisme de l'Univers

Parvenus à ce stade, nous découvrons soudain - comme le voyageur qui, parvenu à un col, voit s'ouvrir devant lui un nouvel horizon - une vérité qui constituera, avec l'éternité de l'Univers, les deux bases de notre philosophie : le Déterminisme Universel.

Tout ce qui se produit dans l'Univers devait nécessairement se produire, et se produire exactement comme il s'est produit. L'organisation de l'Univers, c'est le déterminisme absolu.

 

Apparition de la Vie

Avec la pierre qui se détache du sommet de la montagne, nous restons dans le domaine de la Matière.

Supposons maintenant que la pierre ait une volonté, une possibilité d'action, qu'elle se cramponne à la montagne, qu'elle tente de freiner sa chute en s'agrippant aux aspérités de la parois... En un mot, qu'elle devienne vivante.

Ainsi se pose le problème de la Vie, qui constitue et constituera toujours la grande interrogation de la philosophie.

S'il n'y avait dans l'Univers que la matière inanimée, rien n'empêcherait de le concevoir, comme nous le faisons, comme un engrenage infini soumis inexorablement aux lois physiques et où tout se produit nécessairement comme il devait se produire.

Mais voici qu'apparaît maintenant la Vie, c'est-à-dire une petite partie de matière, certes, mais mue par une volonté propre, qu'elle provienne des simples réactions biologiques du protozoaire ou, à l'autre extrémité de l'échelle, de l'intelligence humaine.

 

Vie et déterminisme

Un déterminisme absolu nous est apparu comme le principe d'organisation de l'Univers Chaque phénomène résulte d'un enchaînement nécessaire de causes et d'effets. Il ne pouvait pas ne pas se produire, ni se produire autrement qu'il s'est produit.

En va-t-il autrement pour les êtres vivants ?

Prenons ceux-ci dans leur plus haute expression : l'Homme.

A chaque instant, il nous semble que nous décidons librement de nos actions et que notre existence échappe ainsi au déterminisme qui régit la matière inanimée.

Pure illusion.

Nos actions sont, certes, commandées par notre cerveau, mais comment celui-ci fonctionne-t-il ?

Le fonctionnement de notre cerveau est conditionné par trois facteurs :