POURQUOI LA BIBLE HEBRAIQUE N’EST PAS LA PAROLE DE DIEU

Pourquoi je ne suis pas chretien


Les écritures hébraïques sont un monument de la littérature de l'humanité, personne ne pourra le renier. Il reste néanmoins qu'elles ne sont qu'une œuvre humaine écrite par des hommes faillibles et qu'elles ne sauraient être la parole de dieu.  L’archéologie et l’inspection scientifique des textes bibliques ont montrés que la tradition sur l’origine de la Bible était une chimère. Nous verrons que :


La Bible prône une idée archaïque de la divinité

Le texte biblique est une compilation de diverses traditions

La Bible a été écrite longtemps après les événements qu’elle est censée décrire

La Bible est le pur produit du délire nationaliste du royaume du Juda

L’exode n’a jamais eu lieu

La conquête de Canaan n’a jamais eu lieu

Le peuple hébreu est issu d’une ethnicisation locale de population Cananéenne

L’histoire de la royauté n’est que semi-historique


La bible offre une conception archaïque de la divinité

La personne de Jéhovah :  La Bible hébraïque regorge d’anthropomorphismes dignes des pires dieux païens. On y voit un Dieu jaloux, haineux, qui se repent, qui désire se venger, et qui  avait besoin de sang des sacrifices pour apaiser sa colère. Il est impossible d’autre part que le texte ait pu être écrit dans un sens allégorique : c’est bien un dieu archaïque qui y est décrit.

Les crimes de Jéhovah : D’un bout à l’autre de la bible hébraïque se révèle l’extrême cruauté de ce dieu qui n’hésite pas dans sa folie meurtrière non seulement à tuer les coupables d’une faute envers lui, mais aussi à faire porter sa vengeance sur leurs femmes, leurs enfants, et jusqu’à leurs bétail : (Genèse 6:6) Et l'éternel se repentit d'avoir fait l'homme de ta terre, et il s'en affligea de son cœur. Et l'éternel dit : J'exterminerai de dessus la face de la terre l'homme que j'ai créé, depuis l'homme jusqu'au bétail, jusqu'aux reptiles, et jusqu'aux oiseaux des cieux, car je me repent de les avoir faits. Rappelons que Jéhovah a perpétré plusieurs génocide, dont un à l’échelle planétaire, du temps de Noé, et un autre lorsqu’il a décrété l’extermination de toutes les populations de Canaan.

La loi de Jéhovah : Aucun code au monde n'est plus sanglant que la torah : des centaines de fautes mineures étaient punies de mort. Nourrir ses bêtes lors du sabbat, ou égorger sa mère un autre jour étaient des crimes d'une égales gravité. Cette loi peut être aussi étrange que cruelle : (Deutéronome 25:11-12) Si des hommes ont une rixe l’un avec l’autre, et que la femme de l’un s’approche pour délivrer son mari de la main de celui qui le frappe, et qu’elle étende sa main et saisisse celui-ci par les parties honteuses, tu lui couperas la main, ton oeil ne l’épargnera point.

Les textes bibliques sont une compilation de plusieurs traditions

L'examen du texte biblique montre que celui-ci contient de nombreux doublets, voire triplets, comme les deux versions différentes du récit de la création (Genèse 1:1-23 et 2:4-25) ou les deux généalogies de la descendance d'Adam (Genèse 4:17-26 et 5:1-28). Il est apparu que ces récits ne pouvaient en fait provenir que de sources différentes. Les savants ont établis qu'il y avait au moins quatre sources pour le pentateuque : la source J (pour Jéhovah) attribuée aux tribus du nord, la source E (pour Elohim) attribuée aux tribus de Juda, une source D indépendante pour le deutéronome, Une source P (pour prêtres) qui contient des éléments relatif au culte, à la pureté et aux sacrifices, auquel on rajoute souvent une source R (pour rédacteurs) qui a été rajoutée par les rédacteurs de la Bible lors du travail de compilation du texte, et qui sert de ciment textuel. Il est évident que les sources E, J et P dont sont faits la Genèse, l'Exode, le Lévitique et les Nombres, sont assez anciennes car elles ne sont pas monothéistes, on parlerait plutôt de monolâtrie, car l'existence des autres dieux n'est pas niée. On peut parler en revanche de monothéisme strict pour la source D du deutéronome qui elle stipule explicitement qu'il n'existe qu'un seul dieu. Cette source influencera tout le reste de la Bible, tant sur le plan sémantique que sur le plan théologique.


Le texte biblique a été écrit longtemps après les événements qu’il décrit

Quand la compilation du texte biblique a t-il eu lieu ? L'étude des anachronismes du texte permet s'en faire une idée. Un premier indice est évocateur. Selon la computation biblique la plus généralement admise, le monde aurait été créé en 4004 av. J.C. Après la création suivent les autres contes, comme les patriarches, les juges, etc. Or dans ces contes le chameau est domestiqué et on en voit par troupeaux entiers. Il se trouve que le chameau n'a commencé à être utilisé comme bête de somme que bien après l'an mille au proche orient ; le texte biblique n'a pu être compilé que bien après cette date. Un autre indice : la caravane qui amenait Joseph en Egypte, après que celui-ci ait été vendu par ses frères, transportait de la gomme adragante, du baume et du ladanum. Or le commerce de ces produits ne s'est développé que vers le VIII° et VII° siècle. L'archéologie a montré que le paysage que décrivent les récits bibliques sont en fait ceux du VII° siècle. Le récit biblique a donc été compilé pour sa composition la plus ancienne au VII° siècle.


Le texte biblique est le pur produit du délire nationaliste du royaume de Juda

Le royaume israélite était divisé entre le nord- Israël et le sud- Juda ; Comme tout laisse à penser que le récit biblique du pentateuque a été écrit au VII° siècle, et que le royaume nordiste d'Israël avait été détruit depuis longtemps par l'empire assyrien, il est évident que la Bible a été compilée par le royaume de Juda. Cela est évident si l'on prend en compte le fait que le récit biblique met en valeur le royaume de Juda, et exècre son voisin du nord, qui n'aurait compris selon lui que des idolâtres, et dont la destruction a été comprise comme une punition divine pour son impiété. Le récit n'est que le reflet du délire nationaliste du royaume de Juda.


L’exode n’a jamais eu lieu

 

Bien que visiblement exagérée ou d’apparence légendaire, l’exode n’en est pas absurde a priori. A cette époque en effet l’Egypte était un lieu de refuge pour les populations des pays limitrophes. On a longtemps associé cet épisode biblique a la conquête puis l’expulsion d’Egypte des Hyksos, peuple d’origine sémitique, au XVII° et XVI° siècle. Selon la Bible l’exode aurait eu lieu 480 ans avant l’érection du premier temple, soit vers 1440. Un autre verset indique que l’exode aurait eu lieu lors de la construction de la ville de Ramsès ; Or le premier pharaon a porter ce nom ne montera sur le trône que vers 1320. Le nom d’Israël n’apparaît dans les documents de l’époque qu’au XIII° siècle dans une stèle où le pharaon Merneptah se vante d’avoir organisé une opération punitive contre un état israélite à Canaan. Il n’y a pas de traces d’israélites en Egypte avant le XIII° siècle, donc si exode il y a eu il ne peut dater que de cette période. Il se trouve qu’après la conquête des Hyksos les égyptiens avaient construits une vaste série de fort pour protéger leur pays de toute infiltration de peuplade cananéenne. Les archives de cette époque sont très abondantes, or aucune ne fait mention de passage de population israélite ou de la présence de celle-ci sur le sol égyptien. Il est complètement impossible qu’un groupe important d’israélites ait pu échapper au contrôle des autorités égyptiennes : l’exode est une chimère.

 

La conquête de Canaan n’a jamais eu lieu

 

L’archéologie nous révèle un Canaan bien différent de celui décrit dans la Bible. A l’époque supposée de la conquête, au XIII° siècle, Canaan était sous la tutelle égyptienne et jamais les égyptiens n’auraient laissés une petite peuplade venue du désert semer la terreur. De plus les élites locales, loin d’être de puissants rois, étaient d’une faiblesse pathétique et aucune ville n’était fortifiée (Jéricho en particulier). L’unique mention d’Israël, celle de la stèle de Merneptah, proclame une victoire écrasante sur celle-ci.

 

L’archéologie a révélé en effet des destructions de cités cananéennes au XIII° siècle, mais les destructeurs de celles-ci ne sont pas forcément israélites. Jusqu’à la moitié du XIII° siècle la région était gouvernée par l’empire d’Egypte au sud, par le royaume hittite au nord et par la civilisation mycénienne. Or ce monde a fini par s’écrouler à partir de la fin du XIII° siècle et au XII° siècle. Des peuplades appelés peuples de la mer, d’origine incertaine, dévastaient toute la région. La destruction des villes de Haçor, Aphek, Lakish et Megiddo, cités dans la Bible comme faisant partie de la conquête de Canaan furent bien détruites, mais sur un siècle de distance, et on ne peut en attribuer l’origine à une seule armée : la conquête de Canaan, tout comme l’exode, n’a  sans doute aucun fondement historique.

 

Le peuple hébreu est issu d’une ethnicisation locale de populations cananéenne

 

Si l’exode n’a jamais eu lieu, si la conquête de Canaan n’a jamais eu lieu, d’où peuvent bien provenir les israélites ? La théorie de l’infiltration pacifique a longtemps prévalu. Néanmoins les recherches systématiques ont montré qu’aux alentours de 1200 av. J.C. il y eut une transformation radicale dans les montagnes du centre de Canaan. Cette culture de villages assez pauvres et à l’économie de subsistance est celle des premiers israélites. Un fait est probant : il n’y a pas d’os de porc retrouvé sur ces sites archéologiques. Les israélites sont sans doute issus d’une ethnicisation locale de populations cananéennes.

 

La royauté n’est que semi-historique

 

L’archéologie a montré que du temps du roi David, au X° siècle, Jérusalem n’était qu’un petit village, typique des villages de Juda en ce temps là. On n’a pas retrouvé non plus de traces du temple et du palais de Salomon. Loin d’avoir été le royaume grandiose décrit dans la Bible Juda était en fait un royaume arriéré. Le royaume d’Israël au nord était par contre beaucoup plus florissant, et rien n’indique que les deux royaumes aient pu avoir été unifié, et surtout pas sous l’égide du sudiste Juda. L’archéologie a démontré que le premier royaume israélite organisé et important fut en fait le royaume d’Israël au nord, et que David et Salomon étaient plus des chefs de clans que des rois. Les splendides palais et villes retrouvées au nord sont maintenant attribuées à la dynastie israélite florissante des Omrides.

 

La Bible est claire sur ce point : les aléas du royaume d’Israël sont dus à l’impiété de ses souverains, en particuliers la dynastie des Omrides qu’elle exècre particulièrement. En réalité ceux ci n’étaient dus qu’aux aléas de la politique internationale. La réussite du royaume d’Israël et ses richesses devaient susciter les convoitises de ses voisins et en particulier le royaume assyrien. A la fin du VIII° siècle le souverain assyrien Téglat-Phalasar III, désireux de contrôler plus étroitement ses vassaux d’occident fond sur Israël, détruit ses principales villes et déporte une partie de sa population : Le premier royaume Israélite de l’histoire était anéanti.

 

C’est à ce moment que pu se développer le royaume de Juda grâce à un afflux de réfugiés venus du nord et à la nécessité d’unité faces à un ensembles de voisins vassaux de l’assyrie. L’archéologie a montré que c’est vers la fin du VIII° siècle que Jérusalem, en quelques décennies, a pris l’allure d’une grande cité.

 

Tout montre que jusque là le royaume de Juda était tout aussi attiré par les idoles que son voisin du nord, et que les hauts lieux où l’on rendait un culte aux divinités cananéennes étaient encore largement répandus vers la fin du VIII° siècle. Auparavant le dieu local Jéhovah était adoré de bien des façons. Il était parfois entouré d’une cour céleste, et même de son épouse Asherah. Celle ci est devenue un pieu sacré dans le récit biblique. C’est sans doute dans les derniers jours du royaumes du nord que l’idée d’un dieu unique s’est fait jour ; elle allait se développer dans le royaume de Juda après la chute d’Israël. Toute l’histoire des deux royaumes et leur légendes et sagas allaient être recompilés pour donner la Bible que nous connaissons, au cours du VII° siècle.

 

Naturellement l’histoire rattrapa Juda qui fut détruit par les babyloniens. Puis ce fut l’exil, le retour et la construction du second temple sur les ruines du premier. La Bible nous raconte cet épisode dans les livres d’Esdras et de Néhémie. On voit que la Bible, loin d’être un livre d’histoire, est en fait une mythologie ayant subie bien des péripéties avant de se stabiliser.

 


Sources : La Bible dévoilée – Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman – Bayard 2001

Bible Darby


 

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